Dans la presse...



Ici, demain, le grand Paris

On bâtit dans le quatorzième mais dans le treizième laisse pousser l'herbe

Paris-Soir — 22 novembre 1930

Dès qu'on a traversé le pont de la Vallée, le décor subitement change : là, plus de vallonnements hérissés de broussailles, plus de plaines glissantes, semées de pavés ; pour le quartier de Plaisance, favorisé entre tous, l'avenir est déjà presque du présent.

À droite de la porte de Vanves transformée en une vaste place, où les autobus tournent en rond comme des chevaux de manège, l'École des infirmières civiles dresse ses étages de briques roses et l'on entre dès ce briques roses et l'on entre dès ce moment, avec quelques mois d'avance dans le Paris de 1931.

De l'avenue de la porte de Vanves à la porte de Châtillon, des masses d'immeubles neufs se succèdent, coupées de petites rues coupées de petites rues qui vont, au bout de quelques mètres, se buter aux baraquements de la zone ; hautes comme des châteaux forts et riantes cependant, avec leurs couleurs contrastées, leurs alignements de fenêtres, leurs balconnets, leur petit square intérieur, ces habitations à bon marché où logera la population d'une petite sous-préfecture, donnent un aperçu de ce que sera, vers la fin de l'année prochaine, la nouvelle ceinture de Paris. Seul subsiste, là encore, mais pour peu de semaines sans doute, l'emplacement où s'élevait naguère le vétuste laboratoire de Physiologie de la Faculté de médecine, dont le porche, veuf de sa grille, bâille tristement sur le vide.

La naissance d'un quartier élégant

D'une façon générale, d'ailleurs, le quatorzième arrondissement a, dans la féerie qui va transformer la capitale, atteint déjà le deuxième acte. Ces vieux quartiers hantés d'une population ouvrière et dont les rues nonchalantes s'en vont de guingois, bosselés de vieux amas, entre des maisonnettes basses ont commencé de devenir un des coins les plus bourgeois de Paris. Tout au long du boulevard Brune et du boulevard des immeubles cossus alignent leurs façades impeccables :

— On ne saurait, nous dit M. Pirelli, conseiller municipal du Petit-Montrouge, leur donner des vis-à-vis indignes d'eux. Aussi les groupes qui vont être construits sur l'autre rive de ces belles promenades ont-ils été conçus pour l'harmoniser à ce nouveau décor.

Plus de 40.000 mètres carrés vont être consacrés à des immeubles à loyers modérés et à loyers modérés améliorés : dans les uns comme dans les autres les conditions de confort clientèle d'un certain ordre social qui contribuera à métamorphoser ce quartier. Dès octobre, l'an prochain, plus de onze cents appartements pourront recevoir leurs locataires.

— Et quels sont les projets pour la zone ?

— Des squares autant que possible et des terrains de jeux là où existe déjà le stade de Femina-Sport.

Malheureusement, le cimetière de Montrouge mange une grande partie de la zone. J'espère tout de même que l’élargissement des portes de Châtillon et de Montrouge, opération qui se liera à des travaux d'urbanisme entrepris concurremment avec la commune du Grand-Montrouge, donneront à cette partie de la capitale une allure fort esthétique.

La nouvelle porte d'Orléans est un exemple que nous nous efforcerons d'imiter.

Le Centre d'hébergement va déménager

Le quartier voisin de la Santé, malgré son nom si tristement évocateur, est en train de devenir, lui aussi, le plus beau fleuron de la couronne du quatorzième. Depuis que la Cité Universitaire y a apporté l’élégance de ses pavillons et son rayonnement d'intellectualité, les Parisiens, enfin, se sont avisés de voir que le parc Montsouris est l'un des plus beaux jardins de la ville et que nulle promenade n'a des verdures aussi profondes, d'aussi accueillantes esplanades que le boulevard Jourdan. Demain, des jolies femmes voudront faire bâtir leur hôtel face au panorama champêtre de la Vanve.

Les habitants du quartier, cela va sans dire, n'y perdront rien. Les infortunés locataires du Centre d'hébergement y gagneront même quelque chose : pour ne pas imposer plus longtemps à la Cité Universitaire le contact de ses baraques croulantes, dont la vétusté n'arrive plus à se dissimuler sous les plantes grimpantes qui prétendent la voiler, l'administration préfectorale a décidé de les transporter d'urgence sur un autre terrain.

Cet emplacement n'est pas encore choisi, quoiqu'il semble que la future cité des sans-logis sera édifiée du côté d'Ivry, au bord de la Seine ; mais, comme les baraques Adrian, usées si l'on peut dire jusqu'à la corde, sont intransportables, on reconstruira en briques les pavillons du Centre, où désormais l'hygiène ne restera plus un vain mot. Grâce aux étudiants du monde, les pauvres de Paris connaîtront, eux aussi, le confort.

La suppression du passage à niveau, la reconstruction de la gare, l'expropriation amorcée, d'une part par la Ville, de l'autre par l’État, d'une vaste portion de la zone pour y tracer des stades, universitaires ou municipaux, achèveront d'assainir les confins de Gentilly.

La Cité du Combattant

Au sortir de cette enchanteresse vision d'avenir, le treizième arrondissement nous rejette brutalement dans le passé ; le boulevard Kellermann paraît délibérément oublier qu'on a fait à Paris la barbe. Sans doute les bastions y sont rasés et de luisantes plaques bleues indiquent au croisement des sentiers, que la Ville de Paris a pris possession de ses 250 mètres de terrain vague. Mais où sont les chantiers ? Près de la porte de Gentilly, les clochards, amis de ces solitudes, regardent, sur les pentes du boulevard, dresser des chiens policiers ; plus loin, un garage de bicyclettes en plein vent allonge ses toitures de tôle et, tassée dans son creux où l'eau des pluies séjourne, la poterne des peupliers continue indolemment à laisser couler la Bièvre.

La baguette d'une vieille sorcière, ennemie de l'urbanisme moderne, a endormi le paysage.

Source : Excelsior

C'est seulement à la porte d'Italie que les maçons se réveillent. Et, pour se dédommager, ils mettent les truellées doubles. Jusqu'à la porte de Choisy des bâtisses énormes s'essaiment ; c'est l'ilot des mutilés : cinq mille mètres carrés ont été concédés gratuitement à leur Comité départemental qui y édifie, pour le 1er octobre 1931, la Cité du Combattant. M. Doumergue, voici cinq mois, a posé la première pierre des 300 logements et des 119 chambres dont pourront, par application de la loi Loucheur, devenir propriétaires mutilés et grands invalides. Au rez-de-chaussée de ces immeubles logeront tous les services sociaux dont peuvent avoir besoin, pour eux et leurs familles, les anciens soldats de la guerre ; un dispensaire, notamment, y sera installé.

Jusqu'à la porte de Vitry l'activité règne : les étages s'entassent. Les travaux du tramway et du métro barrent la porte d'Ivry, et les magasins des troupes coloniales, dont le fonctionnaire change chaque matin de couleur, étouffent entre les tenailles que I.L.M. et H.B.M. resserrent peu à peu sur eux… Puis le grand silence vert, couleur de l'herbe des bastions, recommence à s'appesantir sur le boulevard Masséna, troué de-ci de-là par le sifflet des locomotives, cependant que, dans l'immense terrain accordé par décret d'utilité publique à la Compagnie d'Orléans, gisent parmi la verdure des tuyaux boueux et des chaudières rongées de rouille.

Sur la lisière du treizième, 75.000 mètres carrés de terre, concédés mais laissés momentanément en friche, attendent les bâtisseurs.

R. Archambault.

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Le monument aux mères françaises est présenté la presse

Aujourd'hui, à 10 heures, sera présenté à la presse, boulevard Kellermann, le monument élevé à la gloire des mères françaises, sous le patronage du Matin, qui sera inauguré le 23 octobre, à 14 h 30 en présence du président de la République et des plus hautes personnalités. (1938)

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Ouverture d'une nouvelle voie dans le 13e arrondissement.

On va prochainement soumettre aux formalités d'enquête le projet d'ouverture de la rue du Transit, partie comprise entre la rue de la Glacière et la rue du Château-des-Rentiers. Cette portion du 13e arrondissement est généralement peu connue ces Parisiens du boulevard. C'est une région arrosée par la nauséabonde rivière de Bièvre, dont un des bras prend le nom de rivière morte. (1867)

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La nouvelle place d'Italie en haut de la rue Mouffetard.

Entre l'église Saint-Médard et la place d'Italie, la vieille et étroite rue Mouffetard se transforme à vue d'œil en une belle avenue de 40 mètres de largeur. (1868)

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La Bièvre en peinture

On visitait ces temps-ci, dans la salle des Fêtes de la mairie du 13e, une agréable exposition de toiles, aquarelles, dessins, organisé par le Cercle des Gobelins. (1928)

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Chronique électorale

Dans la première circonscription du XIIIe arrondissement, M. Raymond Renaudière, qui a groupé sur son nom au premier tour près de 4.000 voix, est le seul candidat désigné pour battre au second tour le communiste dissident Gélis. (1932)

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Saviez-vous que... ?

Le 19 juillet 1927, le nom de rue de Gentilly fut donné à la rue du Gaz. Le nom de rue de Gentilly avait été, jusqu'en 1899, celui de la rue Abel-Hovelacque d'aujourd'hui. Cette nouvelle rue de Gentilly perdit ensuite son nom au profit de Charles Moureu et d'Albert Bayet.

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En 1879, les écoles chrétiennes de la rue du Moulin des Prés, de la rue Jeanne d'Arc et du boulevard de l'hôpital furent laïcisées à la suite de la décision du conseil municipal. Elles furent remplacées par les écoles libres des 61 rue Dunois, 93 avenue de Choisy et 43 rue Corvisart. Une école chértienne tenue par des soeurs fut laicisée et remplacée par une école libre située 35 rue Jenner.

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Le monument élevé à la Gloire des mères françaises implanté sur le boulevard Kellermann à proximité de la porte d'Italie est dû au ciseau des sculpteurs Henri Bouchard et Alexandre Descatoire. Le jardin qui l'entoure a éré dessiné par l'architecte Paul Bigot. Ce monument a été inauguré le 23 octobre 1938 par le président de la République, M. Albert Lebrun. Le maréchal Pétain était présent à cette cérémonie.

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C'est par un décret impérial signé le 2 octobre 1865 à Biarritz que la rue du marché aux chevaux entre le boulevard Saint-Marcel et le boulevard de l'Hôpital reçu le nom de rue Dumesril.
Dumeril avait été professeur aux Jardins des Plantes, dont la rue portant son nom est la voisine.

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