L'état des projets pour le XIIIe arrondissement - 1864

L'état des projets pour le XIIIe arrondissement

Le Siècle — 25 juillet 1864

Les travaux commencés l'année dernière pour le raccordement des boulevards d'Italie et des Gobelins sont sur le point d'être terminés. On achève le macadam et les trottoirs de la dernière fraction du parcours. Ces deux boulevards parallèles ayant été réunis par la démolition du mur d'octroi en 1860, présentaient une différence de niveau qu'il fallait faire disparaître en respectant le plus possible leurs magnifiques ombrages : pour y parvenir, au lieu de ne faire ici, comme sur la rive droite, qu'un promenoir au milieu, on a laissé, entre chaque chaussée latérale et les habitations, une contre-allée : malheureusement, il n'y a que la contre-allée du nord et trois rangées d'arbres du promenoir qui soient formées d'anciennes plantations ; les exigences de l'alignement ont fait abattre les autres qu'on a remplacés par de nouveaux sujets.

Boulevard Saint-Jacques, vers le boulevard d'Italie. Paris (XIII-XIVème arr.), 1877-1878. Photographie de Charles Marville (1813-1879). Bibliothèque historique de la Ville de Paris.

Un autre projet concernant la partie du 13e arrondissement, qui s'étend au sud-ouest de ce boulevard, serait, nous assure-t-on, arrêté en principe et mis à l'étude : il s'agirait de trans former la vallée de la Glacière et les pentes de la Butte-aux-Cailles, en une promenade dont l'entrée principale serait sur le boulevard d'Italie. La Butte-aux-Cailles, d'où l'on voit d'un côté, se dérouler le panorama du faubourg Saint-Jacques, et de l'autre, les bas-fonds du Moulin des Prés, les verts peupliers de Gentilly et le château de Bicêtre, la Butte-aux-Cailles, disons-nous, deviendrait par cette création, l'un des points les plus charmants du nouveau Paris ; à la condition toutefois, qu'on désinfecterait la Bièvre.

La nouvelle promenade sera limitée au sud par le terrassement de la ceinture, et traversée au centre par un long viaduc qui donnera passage au boulevard du Transit. Ce boulevard, dont l'exécution est si impatiemment attendue, devait d'abord franchir la vallée de la Bièvre, côte à côte avec la ligne de ceinture ; mais ce projet trop excentrique ayant été l'objet de critiques justes et nombreuses, l'administration a fait faire de nouvelles études, un nouveau projet fut mis à l'enquête, et le tracé du boulevard du Transit a été définitivement arrêté.

Cette voie, large de vingt mètres, partira du carrefour des Quatre-Chemins (14e arrondissement), elle coupera la rue Tombe-Issoire, près la rue Sarrazin, et passera sous le chemin de fer de Sceaux ; à 9 mètres 10 cent., en contre-bas ; cette différence de niveau nécessitera le redressement partiel du chemin des Prêtres.

Le boulevard du Transit pénétrera dans le treizième arrondissement en coupant la rue de la Glacière à son point de jonction avec celle de la Santé, et à dix mètres de la maison faisant l'angle des deux voies.

De là il se prolongera en ligne directe jusqu'à la route de Fontainebleau, qu'il traversera près de l'église, coupera la route de Choisy-le-Roi à la bifurcation de celle d'Ivry, et aboutira à la rue du Château-des-Rentiers, où il se raccordera avec la rue Notre-Dame-de-la-Gare. De ce point, il sera ultérieurement prolongé jusqu'à la Seine, et débouchera sur le quai de la Gare ; à égale distance du pont de Bercy et du pont Napoléon.

Dans ce trajet, la rue de la Glacière sera coupée à niveau, mais la vallée de la Bièvre sera, comme nous l'avons dit, franchie par un viaduc. Ce viaduc sera à deux sections, dont l'une ira de la rue de la Santé a celle de l'Espérance, avec une hauteur maximum de 15 m. 83 c. au-dessus du bas-fond, et dont l'autre ira de la rue de l'Espérance à celle du Moulin-des-Prés, avec un maximum d'altitude de 18 mètres.

Sur cette ligne se rattachent plusieurs embranchements : le premier consiste dans le prolongement de la rue Nationale sur une largeur de 15 mètres, entre la place de Novi et la porte d’Ivry ; le second, dans la rectification de la rue du Pot-au-Lait, qui viendra se souder à la voie nouvelle, au point de jonction des rues de la Glacière et de la Santé.

Des modifications d'un autre ordre ont eu lieu pour quelques-unes des voies qui sillonnent la butte des Moulins, à l'extrémité orientale du boulevard dont nous venons d'esquisser le croquis; ainsi la rue qui aboutit à la place de l'Église, dans l'axe du portail, a reçu le nom de rue de Jeanne-d'Arc ; la rue des Trois Ormes se nomme rue Dunois ; la rue qui va de la place de l'Église au chemin du Bac a reçu le nom de rue Lahire et celle qui, de l'église, conduit à la rue de la Croix-Rouge s'appelle rue Xaintrailles. Dunois, Lahire et Xaintrailles ont eu l'honneur d'être compagnons d’armes de la paysanne de Domrémy.


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Lu dans la presse...

La ligne métropolitaine n° 10 doit être prolongée jusqu'à Austerlitz

En parlant, l'autre jour, du projet de prolongement de la ligne métropolitaine n° 10, actuellement arrêtée à la station Jussieu, vers la gare d'Orléans, terminus envisagé, nous notions que les organisations consultées n'avaient opposé aucune objection à l'administration préfectorale.
Le Syndicat de défense des intérêts généraux du quartier de la Gare, cependant, nous prie de déclarer qu'il a protesté contre le parcours projeté dès qu'il en a eu connaissance. Le quartier de la Gare est le seul qui n'ait point le métro. (1932)

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De la difficulté d’être le treizième arrondissement

Décidément, la ville de Paris n'aura pas de treizième arrondissement.
Hélas ! ce treizième arrondissement, il est partout, et on n'en veut nulle part. (1859)

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L’impresario des mendiants

Dans le quartier de la Butte-aux-Cailles s'est installé un impresario qui cultive une spécialité plus que bizarre. Il a centralisé là toutes les monstruosités capables d'attendrir le passant. (1872)

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Les derniers mohicans de Paris : Avec les Algériens du boulevard de la Gare

Sous la ligne aérienne du métro dont la longue perspective s'étend à l'infini, le boulevard de la Gare monte doucement vers la place d'Italie. À droite et à gauche, des maisons basses s'alignent, coupées par de petites rues pavées, à l'angle desquelles sont nichés de ridicules et ternes jardinets. Çà et là un immeuble neuf qui usurpe des allures de building, un magasin dont l'étalage déborde le trottoir, des bars, des hôtels, des restaurants, puis encore, sur la gauche, le cube uniforme et sans fantaisie de la raffinerie Say. (1928)

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La mystérieuse petite ceinture : De Vincennes aux Batignolles en faisant le grand tour

Entre Belleville et la Seine, c'est la zone des sifflets désespérés. Si les « Circulaires » qui vont leur petit bonhomme de route ne s’inquiètent guère du parcours à horaires fixes, les autres trains, messageries, rapides et autres, ont sans cesse besoin de demander leur route aux distributeurs de voie libre.
Cris brefs qui courent tout au long de cette frontière illusoire de Paris, cris impatients de ceux qui ne peuvent attendre ou qui s’étonnent des disques et des feux rouges. (1930)

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Le métro sur la rive gauche

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Les travaux du 13e arrondissement

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En 1913, un groupe de gardiens de la paix du commissariat de la rue Rubens protestait, par voie de presse contre l'organisation de leur service. (1913)

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Le Puits de la Butte-aux-Cailles

Quelle humiliation pour cette pauvre Bièvre ! Une rivière aux eaux pures et claires vient de jaillir des profondeurs de l'écorce terrestre, dans le quartier même par lequel l'antique cours d'eau qui jadis arrêta les légions de Labiénus et qui n'est plus qu'un noir égout, pénètre dans Paris. (1898)

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La ligne Trocadéro-gare d'Orléans

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Ce n'est pas là seulement une abréviation populaire ; elle est entrée dans le langage courant ; son usage est devenu général.
Donc, on ne dit plus que : le Métro ; et on s'intéresse très vivement à tout ce qui concerne le Métro. (1903)

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Un syndicat d'indigents

La cour des Miracles était hier soir en grand émoi ; elle avait transporté cahin-caha, béquillant et gesticulant, ses pénates dans le quartier de la Gare, rue Nationale, tout là-bas, au bout de Paris, près de la barrière d'Italie. Il faut dire que le 13° arrondissement a un maire, M. Thomas, « qui fait des économies sur les fonds alloués par la Ville au service de bienfaisance, et qui, cette année, a rendu 50,000 francs à l'Assistance publique ». (1897)

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L'épidémie de la Maison-Blanche

Au moment où le service de statistique municipale constatait avec satisfaction une décroissance notable de la mortalité dans Paris, une épidémie éclatait dans un quartier excentrique et y jetait l'effroi. Le quartier contaminé est celui de la Maison-Blanche, situé dans le treizième arrondissement, sur les bords de la Bièvre. (1890)

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