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UNE ÉVOCATION DU 13e ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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Une évocation du 13e arrondissement de 1860 aux années 30

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Faits divers

Faits divers

FAITS-DIVERS

Faits divers

Un crédit néfaste

1903

Deux frères. Charles et Victor Deschamps, âgés de vingt et vingt-deux ans, rêvaient depuis longtemps d'installer dans le quartier de la Gare un magasin de bicyclettes.

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Quartier de la Gare

Le crime de la Cité Jeanne d'Arc

1907

Un inconnu abordait, hier soir, vers quatre heures trois quarts, dans la rue Nationale, le sous-brigadier des gardiens de la paix Honoré Mariton, du treizième arrondissement, et lui déclarait : Je viens de tuer un homme qui m'avait emmené dans sa chambre, 1, cité Jeanne-d'Arc. Conduisez-moi en prison.

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Oscar, le pauvre ours

1906

Chaque soir, à la fête de la place d'Italie, Oscar faisait la joie des spectateurs par ses facéties, par le vacarme étourdissant qu'il menait. À lui seul, il faisait, recette. C'est dire si son patron avait une grande estime pour lui ...

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Boulevard Kellermann

Double accident

1898

Un grave accident, dû à l’imprudence des victimes, est arrivé avant-hier soir à deux jeunes cyclistes, sur le boulevard Kellermann.

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Quartier Croulebarbe

Amours séniles

1904

Subissant l'influence de l'été de la Saint-Martin, Paul Perrotel le « père Paul » comme on l'appelle dans le quartier des Gobelins bien qu'âgé de cinquante-huit ans, déclara sa flamme à une marchande de pommes de terre frites de la rue de Tolbiac, Louise Fléchel, qui compte, elle, cinquante-cinq ans.

...

Le crime de la rue Tiers. (1889)

Le crime de la rue Tiers.

Le Matin — 15 avril 1889
L’affaire Sauer
Le 10 mars 1889, une fille soumise nommée Marguerite Dubois, âgée de trente-sept ans, était trouvée assassinée dans son logement, 18, rue Payenne.
L'inspecteur de la sûreté Barbaste fut chargé, ainsi que plusieurs de ses collègues, de rechercher l’assassin.
Il établit que l’auteur de ce crime n’était autre qu’un nommé Sauer, et il obtint, à force de patience et de ruses, les aveux complets de l’assassin, dans la journée du 19 mars, c’est-à-dire 24 heures après le crime.
Sauer fut condamné par la Cour d’assises de la Seine, le 30 mai 1889, aux travaux forcés à perpétuité.

("La police de sûreté en 1889 " par Horace Valbel)

Un pendant au crime de la rue Payenne

Marguerite Dubois et Marie Wilhem, l'assassinée d'hier, appartenaient toutes deux au monde de la prostitution officielle ; toutes deux étaient munies de ce petit carton grisâtre si obligeamment délivré par la préfecture de police et sur lequel les médecins du dispensaire apposent tous les quinze jours leur visa règlementaire.

La première était une fille sobre et rangée, exerçant sa profession en petite bourgeoise tranquille ; la seconde, au contraire, était une ivrognesse fieffée, et se vautrait dans les plus basses et les plus crapuleuses débauches.

Marguerite Dubois a été tuée d'un coup de couteau, Marie Wilhem, elle, a été tout simplement étranglée.

Si l'auteur de ce nouveau crime n'est pas un personnage intéressant, il faut avouer que la victime n'est pas non plus des plus sympathiques.

Voici dans quelles circonstances le crime a été découvert :

Dimanche, vers sept heures du matin, un nommé Pierron, ouvrier corroyeur, demeurant à Gentilly, se présentait dans un hôtel meublé, au numéro 15 de la rue Tiers, dans le quartier de la Maison-Blanche, et demandait à la logeuse, Mme Fric, si l'un de ses amis, un sieur B. n'avait pas par hasard passé la nuit dans cet établissement, en compagnie d'une fille qu'il avait racolée la veille au soir sur l'avenue des Gobelins. Mme Fric monta à la chambre que le camarade du sieur Pierron avait effectivement occupée pendant la nuit, mais cet individu était parti de très bonne heure, laissant au lit la fille qui l'avait amené dans cet hôtel.

Détail d'un plan publié en 1887

Comme la logeuse et le corroyeur passaient devant la chambre occupée habituellement par une autre fille soumise, Victorine-Marie Wilhem, Mme Fric fut très étonnée de voir légèrement entrebâillée la porte de cette dernière. Ils entrèrent dans la chambre et restèrent tous deux muets de stupeur et d'effroi en apercevant la fille Wilhem étendue sur le carreau, les bras en croix, les, poings crispés, la figure violacée et ne donnant plus signe de vie, bien que le corps fût encore légèrement tiède.

Pierron et Mme Fric, croyant tout simplement à une syncope, enlevèrent le cadavre et le placèrent sur le lit.

Sur ces entrefaites, survint une voisine qui se contenta de dire philosophiquement, ne croyant pas non plus à la mort de la malheureuse :

— Laissez-la donc ; vous ne voyez donc pas qu'elle est saoule. On est bien heureux, dans cet état-là et l'on n'aime pas être culbuté.

Néanmoins, Mme Fric secoua sa locataire, la palpa, l'ausculta et finit par se convaincre qu'elle était bel et bien morte.

Grand émoi dans l'hôtel. On alla immédiatement chercher M. Debeury, commissaire de police, qui vint accompagné du docteur Mangenot. Celui-ci examina le cadavre, et constata que la fille Wilhem avait été étranglée avec les mains. Des empreintes bleuâtres à la gorge et à la nuque ne laissaient aucun doute à cet égard.

Quant au mobile du crime, on ne se l'explique pas très bien. Marie Wilhem était dans une situation des plus misérables, n'ayant pas un sou d'économies, ni un objet d'une valeur quelconque dans sa chambre. Cependant, la poche de sa robe ayant été arrachée, il semblerait que le but du meurtrier était de voler sa victime. La fille Wilhem était très connue dans le quartier sous le sobriquet de la « Chinoise » à cause de son teint olivâtre et de ses yeux fendus en amande.

Elle habitait un misérable logement situé au fond d'un corridor obscur et humide, dans un petit bâtiment n'ayant qu'un rez-de-chaussée. Son mobilier se composait d'une chaise boiteuse, d'un lit en bois, d'un buffet en bois blanc vermoulu, d'une cuvette ébréchée et d'un pot à eau sans anse. Le buffet ne renfermait qu'un cahier de papier à cigarettes.

À dix heures, M. Doppfer, juge d'instruction, Goron, chef de la sûreté, accompagné des agents Bourlet, Barbaste, Harpillard et Loew, sous la direction de l'inspecteur principal Gaillarde, se sont rendus rue Tiers, n° 15, pour procéder aux constatations judiciaires et recueillir les indices pouvant mettre la police sur les traces du coupable.

En examinant le cadavre, qui était habillé, l'inspecteur Gaillarde a trouvé dans l'un des bas de la victime sa carte de fille soumise elle avait passé sa dernière visite le 2 avril dernier.

En outre, toujours dans les bas de Marie Wilbem, le même agent a découvert une somme de trois francs en monnaie blanche. L'une de ces pièces était fausse.

Soit ce n'est pas Grenelle, soit ce n'est pas la rue Vandrezanne.

Marie Wilhem était âgée de vingt-cinq ans ; son père exerce la profession de marchand de lunettes ambulant et demeure à Grenelle, rue Vandrezanne.

Elle avait subi plusieurs condamnations, dont une pour vol. Elle avait l'habitude d'empocher tout d'abord l'argent de ses clients et de se refuser ensuite à leur accorder les faveurs qu'ils avaient payées à l'avance. C'était dans l'hôtel des scènes continuelles entre Marie Wilhem et ses amants de passage.

Les agents de la sûreté sont parvenus à reconstituer une partie de l'emploi du temps de la victime dans la soirée de samedi, mais l'on ignore encore avec quel individu la fille Wilhem est rentrée. On a de bonnes raisons pour croire que l'ami du corroyeur de Gentilly, qui s'est éclipsé de l'hôtel d'une façon si précipitée, n'est peut-être pas étranger à l’affaire.

Cet individu, dont le sieur Pierron n'a pu donner l'adresse, est activement recherché. On a pu établir que Marie Wilhem est rentrée chez elle entre deux heures et trois heures du matin, après avoir bu outre mesure avec toute espèce d'individus dans un grand nombre de débits de vins du quartier.

Un voisin de la victime, le sieur P… ouvrier maçon, a déclaré au juge d'instruction avoir entendu, vers deux heures du matin, des plaintes étouffées et des cris de « Oh ! là, là ! Oh ! là, là ! » dans la chambre de la fille Wilhem.

Le cadavre a été envoyé à la Morgue, dans la soirée. L'autopsie sera faite aujourd'hui, par les soins de M. le docteur Socquet.



Le crime de la rue Tiers

(Selon les journaux, les noms et prénoms des protagonistes de cette affaire ont varié de même que l'orthographe de ceux-ci. Le choix a été fait de conserver l'orthographe retenue par les journaux reproduits.)

 

15 avril 1889

  • Le Matin
  • Le Gaulois

16 avril 1889

  • Le XIXe Siècle
  • L'Intransigeant

17 avril 1889

  • Paris
  • La Justice

18 avril 1889

  • Le Siècle
  • Le Petit Parisien

19 avril 1889

  • Le Rappel
  • Le Gil-Blas

20 avril 1889

  • Le Gil-Blas
  • Le Réveil

21 avril 1889

  • Le Gaulois
  • Le Siècle

22 avril 1889

  • Le Réveil
  • La Petite République

23 avril 1889

  • Le XIXe Siècle
  • L'Autorité

24 avril 1889

  • Le Matin
  • Le Siècle

25 avril 1889

  • Le Rappel
  • L’Évènement

26 avril 1889

  • Le Petit-Parisien
  • Le Progrès de la Somme

Postérieurement aux articles parus dans les numéros datés du 26 avril 1889, plus aucun journal ne mentionna l'affaire, ni les noms de Marie Wilhelm, de Leroy ou de Greliche. La chronique judiciaire ne mentionna pas de passage de quiconque devant la Cour d'assises de la Seine pour le meurtre de Marie Wilhelm. Les archives de Paris qui détiennent les dossiers de procédures devant les assises ne mentionnent pas, dans leur inventaire, d'affaire évoquant ces faits.
Seul l'ouvrage "La police de sûreté en 1889" par Horace Valbel publié au fil de l'eau dans le quotidien "La Petite République" et repris en volume en octobre contient, à l'occasion du panégérique consacré à l'inspecteur Barbaste, un résumé des faits qu'il présente comme l' "affaire Leroy-Greliche". Toutefois, ce résumé ne comprend aucun élément nouveau par rapport à ceux révélés par les journaux à la date du 26 avril. On le lira ci-dessous dans les annexes.
M. Goron, lui-même, dans ses mémoires semble n'avoir fait aucune allusion à cette affaire.
On lira aussi une intéressante chronique parue le 21 avril 1889, avant donc la conclusion ou plutôt l'absence de conclusion de l'affaire, dans le quotidien Paris relative au traitement de cette affaire par la presse.


Annexes

  • La police de sûreté en 1889 : L'affaire "Leroy-Greliche"
  • Les antécédents de Marie Wilhelm
  • Chronique : La Chinoise

À lire également...

On arrête une bande de voleurs

1911

M. Jouin, sous-chef de la Sûreté, était avisé, il y a une quinzaine de jours, par des commerçants du quartier des Gobelins, qu'un ouvrier, occupé dans une usine voisine, vendait à vil prix des liqueurs et notamment de l'absinthe.

...


Quartier de la Gare

Le drame de la rue de Patay

1892

Hier après-midi, un homme d'une quarantaine d'années s'affaissait sur le trottoir de l'avenue d'Ivry.

...


Les rixes du quartier des Gobelins

1894

Depuis quelque temps le quartier des Gobelins est le théâtre de rixes continuelles.

...


Quartier de la Gare

La bagarre de la rue Albert

1907

Interrogé, hier, à l'hôpital Cochin, par M. Roty, juge d'instruction, l'armurier Lamet, dont l'état est toujours très grave, a fourni une nouvelle version du drame.
Un meurtrier désespéré.

...

Saviez-vous que... ?

En janvier 1904, la Préfecture de police interdisait à la « Goulue » (Mme Louise Weber épouse Droxeler), dont la ménagerie était installée boulevard Kellermann, de continuer ses exercices, tant qu'elle n'aurait pas procédé aux réparations qui lui avaient été prescrites. La sécurité des cages n'était pas, paraît-il, suffisante.

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*     *

Les travaux d'aménagement de la Place d'Italie, très considérables compte-tenu des différences de niveaux du sol à rattaper, furent terminés en 1879 et celle-ci fut considérée comme l'une des plus belles de Paris tant par son architecture que par les points de vue sur la capitale que l'on pouvait y admirer.

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La gare de Paris-Gobelins a été mise en service le 15 mai 1903. Elle le demeura jusqu'en 1991. Son ouverture eut pour effet de doter Paris d'une nouvelle porte car il y avait encore un octroi à Paris et la gare des Gobelins était un point d'entrée et de sortie.

*
*     *

Ce fut en 1818 que l’espace compris entre l’hôpital de la Salpêtrière, l’ancien mur d’octroi et le boulevard de l’hôpital et qu’on appelait alors le village d’Austerlitz, fut enfermé dans Paris dont le mur d’enceinte fut reporté plus loin ; ce village ne comptait que trois rues : la grande rue d’Austerlitz, le chemin des Étroites-Ruelles et la rue des Deux-Moulins ; deux autres chemins furent alors convertis en rues sous les noms de rues Bellièvre et Bruant. Sur l’emplacement du village d'Austerlitz, on forma les chemins de ronde des barrières de la Gare et d’Ivry, la place de la barrière d’Ivry, les rues de la barrière des Gobelins, de l’Hôpital général et de Villejuif ; enfin on construisit la barrière d’Ivry et l’abattoir de Villejuif. C’est, nous dit H. Gourdon de Genouillac dans son « Histoire nationale de Paris et des Parisiens, depuis la fondation de Lutèce jusqu’à nos jours », depuis la suppression des barrières, le quartier de la Salpêtrière.

L'image du jour

L'image du jour
Une crue de la Seine, quai de la Gare, en janvier 1920

La vue est orientée vers l'aval. On distingue le viaduc du métro du pont de Bercy.

© paris-treizieme.fr pour la transcription du texte

HISTOIRE DES QUARTIERS

  • La Salpêtrière
  • La Gare
  • Maison Blanche
  • Croulebarbe

ACCES PAR NOM

  • Nomenclature des rues
  • Liste des auteurs

LES DRAMES DU 13e

  • Le drame de la rue Albert
  • Le drame de la rue de l'Espérance
  • Le drame de la rue Vandrezanne
  • Le drame du quartier de la Gare
  • Un drame du terme
  • Tous les drames...

LE TREIZIÈME AVANT LE 13e

  • Le Petit-Gentilly (1820)
  • De la difficulté d’être le treizième arrondissement
  • La bergère d'Ivry (1827)
  • L'abattoir de Villejuif (1812)
  • Sommaire complet

LE TREIZIÈME EN 1860

  • Notice administrative, historique et municipale sur le XIIIe Arrondissement par Ph. Doré fils

ACCÈS THÉMATIQUES

  • L'aménagement du 13e
  • Les grandes voies du 13e
  • La petite ceinture dans le 13e
  • Le Métropolitain dans le 13e
  • Les tramways dans le 13e
  • La gare d'Austerlitz
  • Le puits artésien de la Butte-aux-Cailles
  • La place d'Italie
  • La cité Doré
  • La cité Jeanne d'Arc
  • Le passage Moret
  • L'asile Nicolas-Flamel
  • Les hôpitaux de la Pitié et de la Salpêtrière
  • Les fouilles archéologiques dans le 13e
  • Le Siège de Paris (1870-71)
  • Le 13e sous la Commune
  • La catastrophe de la rue de Tolbiac (20 oct. 1915)
  • Le jardin des Gobelins
  • La manufacture des Gobelins
  • La "Folie Neubourg"
  • Le marché aux chevaux
  • Les grandes eaux du boulevard Kellermann
  • Ateliers, fabriques et petits métiers du XIIIe
  • Chiffons et chiffonniers
  • Bals de Paris, bals de barrière, cabarets, bouges et assommoirs
  • L'épidémie de la Maison-Blanche (1890)
  • Les étrangleurs des Gobelins
  • Sur les communes limitrophes
  • La zone dans le 13e

VIDÉOS

  • Auguste Lançon et le 13e
  • Marville, la rue de Tolbiac
  • Quai de la Gare, janvier 1910
  • La place Nationale
  • Le marché aux chevaux

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  • Assassins !!!
  • Le cadavre de la Maison-Blanche

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