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UNE ÉVOCATION DU 13ÈME ARRONDISSEMENT DE 1860 AUX ANNÉES 30

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SAVIEZ-VOUS QUE...

Le 11 septembre 1888, à la fête des Gobelins qui se tenait place d'Italie, le dompteur Edmond Pezon (de la célèbre famille Pezon) faillit être dévoré par le lion Roland.


La rue du Tibre, dans le quartier Maison-Blanche, a été ouverte sur l'emplacement d'une voirie d'équarrissage, elle a porté le nom de rue de la Fosse-aux-Chevaux, puis du Tibre, à cause de la Bièvre autour de laquelle ont été groupés des noms de fleuves.


L'asile Nicolas-Flamel, 71 rue du Château-des-Rentiers, fut inauguré le 18 mai 1889.

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C'est arrivé dans le 13ème

 A nous le coffre-fort.- 27 mars 1897

A nous le coffre-fort.

Le Matin – 27 mars 1897

Un brocanteur de la rue Nationale, M. Monteil, s'était rendu au théâtre jeudi soir.

Quand il rentra chez lui, vers minuit et demi, il fut surpris de trouver sur la table de la salle à manger une lampe allumée. Bientôt, il constata que des cambrioleurs avaient pénétré dans sa boutique pendant son absence. Les malfaiteurs s'étaient introduits, dans la maison, qui n'a pas de concierge, en escaladant une fenêtre du premier étage. De là, ils avaient pénétré dans l’arrière boutique où, se trouve, scellé dans le mur le coffre-fort du brocanteur. Les voleurs n'ayant pu le forcer, l'avaient défoncé à l'aide d'une énorme barre de fer qui a été retrouvée sur les lieux. Au préalable, ils avaient essayés de le desceller en démolissant une partie du mur.

Le vol commis par les malfaiteurs s'élève à 7,500 francs environ, tant en espèces qu'en valeurs au porteur.

Le service de Sûreté a été chargé de rechercher les auteurs de ce vol audacieux.


 Le gaz - 1927

Le gaz

Paris- Soir — 24 janvier 1927

Les locataires de l'hôtel Alary, 62, rue du Gaz, entendant des  gémissements qui provenaient d'une des chambres, avertirent la propriétaire. Celle-ci informa aussitôt M. Fauvel, commissaire de police du quartier de la Maison-Blanche.

La porte de la pièce enfoncée, le magistrat aperçut, râlant sur le parquet, les deux occupants : Mme Sarah Doline, âgée de 37 ans, sujette russe, exerçant la profession de sage-femme, et son fils, Théodore, âgé de 9 ans.

Les malades furent aussitôt transportés à l'hôpital de la Pitié.

S'agit-il d'une intoxication par absorption d'aliments avariés ou par toute autre cause ? On l'ignore pour l'instant : l'enquête de M. Fauvel fera sans, doute la lumière sur ce point.


 Le Cabaret des Peupliers - Huysmans 1880

Le Cabaret des Peupliers

J.K. Huysmans — Croquis parisiens — 1880

Le plaine s’étend, aride et morne. Les grandes cultures des orties et des chardons la couvrent, rompues, çà et là, par les mares séchées de la Bièvre morte.

Le bout d’un étang scintille, à gauche, au soleil comme un éclat de verre, le reste moisit, glacé de vert pistache par les lentilles d’eau.

Au loin, une ou deux cabanes branlantes avec des matelas pendus aux fenêtres et des fleurs plantées dans des boîtes au lait et dans de vieilles marmites ; des arbres aux sèves affaiblies siègent à d’inégales distances, montrant comme des mendiants leurs bras paralysés, hochant des têtes qui bégaient dans le vent, courbant des troncs, chétivement nourris par la lésine d’un incurable sol.

Le long de cette plaine, à droite, la rivière coule en un mince ruban, bordant la route qui s’engage sous une arche de pont jusqu’à la poterne ouverte dans les remparts. Des cultures maraîchères verdoient par places dans une terre moins pauvre, huit vigoureux peupliers éventent une maisonnette dont les murs se dressent, mettant les jolies taches de leur crépi rose sous la guipure jaune et verte des feuilles. On lit, en haut, près du toit, cette inscription : « Débit de vins » et devant cette coquetterie de couleurs, devant ces tonnelles qui se penchent sur l’eau, l’on songe involontairement au plaisant décor des auberges de théâtre ; malgré soi, l’on songe aussi à une salle poudrée de grès, à une armoire de noyer, ornée de ferrures, de pichets d’étain, de vaisselles à coqs et à fleurs ; l’on se dit qu’il serait bon de boire sur un coin de table le petit vin suret, de couper une vaste miche dans le pain rond de ménage, de manger, tout en l’arrosant d’amples rasades, de solides omelettes, persillées de petite ciboule ou bardées de lard.

Puis on s’approche, on franchit l’immobile rivière sur une passerelle, et alors ce cabaret si pimpant et si bonhomme s’assombrit comme un repaire, comme un coupe-gorge.

Le sourire de ses murs roses a fui ; une vieillesse hâtive et ignoble a voûté les chevrons et courbé le toit. Le teint éraillé est d’un rouge atroce. On pense immédiatement devant cette cahute à une épouvantable pierreuse qui détrousse et surine dès que la nuit tombe.

Des tatouages de peinture noire apparaissent sous l’horrible épiderme du plâtre meurtri, des lettres mangées par le passage des saisons, faisant des mots intelligibles encore : « Lapins sautés, bières et vins, au rendez-vous des peupliers. » — Un silence inquiétant plane au-dessus du bouge, les vieux réverbères à poulies qui pendent le long de la route prennent des allures lugubres et louches ; l’on frissonne à l’idée qu’on pourrait se trouver attardé là, tout seul, un soir.

Assis sous une tonnelle, devant une table bâtie avec une planche posée sur quatre lattes, vous voyez, après des appels furieux, une servante poindre au bout de l’allée, le ventre en avant, la tête embobinée de linge, les yeux caves, les joues vides et tachées de son.

Elle apporte, après avoir consulté la patronne qui hésite, défiante, craignant la rousse, des verres massifs gardant encore des places mal essuyées de bouches. Elle verse le pissat d’âne fabriqué dans cette immense bâtisse qui s’élève au-dessus de la plaine, la brasserie de l’ancienne barrière Blanche et l’on découvre, si l’on suit le regard de cette fille, au travers des feuilles, dans un bosquet voisin, un ouvrier qui dort, la chemise de percale ouverte au cou et bouffant de la culotte serrée à la taille par une ceinture de cuir. Il se retourne sacrant après les mouches et un hideux côté de visage se montre, barbouillé comme les murs du bouge d’une large tache de lie de vin et de sang.

Aucune carriole et aucun haquet ne passent, troublant le repos de la ruelle déserte ; le roulement du chemin de fer retentit, seul, par instants ; des flocons de vapeurs blanches s’envolent et viennent nicher dans le plafond de la tonnelle, un coq claironne, agitant son rouge cimier, brandissant le panache de sa queue, plumée de vert bouteille et d’or, une troupe de canards se précipite avec d’affreux couins-couins dans la Bièvre qui se réveille et souffle son haleine de purin gâté ; alors si, vous tournant vers les remparts, vous contemplez l’horizon rayé par la voie de ceinture, d’inconsolantes et de salutaires pensées vous viennent.

En haut, tout en haut, couvrant le ciel, Bicêtre dresse sa masse énorme, dominant tout Paris comme une menace, rappelant aux factices énergies de nos sens surmenés, aux dépenses inconsidérées de nos cervelles, aux douleurs de nos amitiés et de nos ambitions déçues, la fin désastreuse qui les attend.

Bouée formidable et grandiose, signalant les brisants de la ville, Bicêtre complète cette désolante image de la vie, qu’évoque déjà en nous la Bièvre, si joyeuse et si bleue à Buc, plus malingre, plus noire à mesure qu’elle s’avance, épuisée par les constants labeurs qu’on lui inflige, impotente et putride alors qu’ayant terminé sa lourde tâche, elle tombe, exténuée, dans l’égout qui l’aspire d’un trait et va la recracher au loin, dans un coin perdu de Seine.

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